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Entre toi pis moi

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Abattre un animal n’a rien de plaisant. Je ne le fais pas pour rire. Je le fais parce que je mange de la viande et pour que je puisse manger de la viande, un animal doit mourir. Une bonne partie des carnivores modernes font comme si ce n’est pas le cas.

Cette année, mon lien avec les animaux n’était pas aussi fort que le lien forgé l’an dernier, car c’est André qui assumait le travail quotidien. Pour les animaux, ma présence n’est aucunement importante. Ils ont besoin de choses de base : des compagnons de la même espèce, un abri, de l’eau fraiche, de la nourriture en masse et un espace qui leur permet d’être à l’aise. La poule veut picorer et gratter dans la terre, sous un canapé d’arbres afin de ne pas se faire prendre par un aigle. Le cochon veut de la terre dans laquelle vermiller, à l’abri du soleil brulant dans un boisé regorgeant de racines et d’insectes. La chèvre veut de la verdure fraîche à manger. Nos boucs voulaient surtout manger les feuilles d’arbres. Mon rôle comme éleveur d’animaux destinés au congélateur est d’assurer que leurs besoins soient satisfaits. Ni plus, ni moins. Lorsque vient le temps d’abattre ces animaux, ma responsabilité est de le faire rapidement et efficacement pour minimiser le stress vécu par l’animal.

Contrairement au jardinage, je trouve assez facile l’élevage d’animaux en pâturage. Si les besoins essentiels des animaux sont satisfaits, ils sont heureux. Ils vivent leurs vies. La difficulté est dans la comptabilité. Ce n’est pas sexy mais, pour nous qui sommes en quête d’autosuffisance, c’est une considération importante.

La nourriture bio commerciale est le double du prix de la nourriture commerciale qui regorge d’OGMs et de résidus de pesticides. Si nous nous tournons vers le grain de producteurs locaux, comme je l’ai fait cet été, il est quasi impossible de créer une recette avec un indice de conversion de la moulée comme celles que peuvent donner les mélanges commerciaux. Au début de l’été, nous avions de l’avoine nue et du maïs concassés. Suite au cannibalisme des poules entrent-elles, soit par manque d’espace ou par manque de protéines dans leur moulée, nous avons ajouté de la farine de coquilles de crabe, des morceaux de coquilles d’huitres, du soja rôti commercial (donc OGM) et du blé concassé qui, ne venant pas d’un producteur très honnête, regorgeait de graines de chiendent, une mauvaise herbe. Nous avons aussi commencé à faire fermenter la moulée, procédé qui améliore l’absorption des nutriments et donc, l’efficacité de notre recette pour la production de viande.

Nous avons réussi à produire amplement de viande. En plus des abats, nous avons produit 18 kilos de viande de chèvre, 215 kilos de poulets entiers (la moitié ont été vendus afin de défrayer une partie de nos coûts) et 106 kilos de viande de porc. Si nous avions à acheter cette viande de fermiers qui partagent nos valeurs, c’est-à-dire un élevage bio et en pâturage, les coûts approximatifs seraient 420 $ de viande de chèvre, 1900 $ de poulets entiers et 814 $ de viande de porc pour un total de 3134 $. Nos coûts totaux reliés aux animaux étaient de 4337.33 $. Mais, comme dirait un bon comptable, nous devons amortir le coût de nos équipements sur la durée de vie de ceux-ci. Donc, nos coûts totaux amortis sont de 1999.50 $. Nos profits de la vente de la moitié de nos poulets, à 4$ la lb, étaient de 992.77 $. Ceci réduit donc nos coûts totaux à 999.28$. Si nous n’avions pas produit de viande, nous aurions dû l’acheter et, comme les chiffres par rapport à la valeur par kilo ci-dessus le démontrent, nous n’aurions pas pu acheter le même montant de viande pour 1006.73$. Nous sommes donc rentables.

Mais pas si vite.

Il y a deux choses que nous n’avons pas comptabilisées : notre temps et la valeur des kilomètres parcourus pour s’approvisionner de jeunes animaux, d’équipements, de nourriture, etc. Quelqu’un qui comme moi s’intéresse à faire l’élevage à petite échelle pourrait plutôt appeler ça un passe-temps. Un passe-temps qui gruge bien du temps. Nous ne tiendrons donc pas compte de la valeur de mon temps. Par contre, l’essence et l’usure d’un véhicule représentent de véritables coûts. Si j’avais noté tous les kilomètres parcourus, le coût relié à notre viande augmenterait considérablement, surtout si les calculs sont basés sur le tarif kilomètre du gouvernement fédéral!

Pour revenir sur mon idée du début, en plus de l’inquiétude liée à la rentabilité, il y a l’angoisse reliée à l’abattage. Faire boucherie est une tâche plaisante mise à part le fait de devoir abattre un animal pour s’y adonner. Amener l’animal à l’abattoir suivi d’une visite chez le boucher est une expérience plus agréable et, honnêtement, beaucoup plus efficace. Si nous suivons cette logique, acheter ma viande d’un fermier en qui j’ai confiance est certainement plus facile et probablement plus logique financièrement. Il est très difficile de faire l’élevage d’animaux à petite échelle aussi efficacement que peut le faire un éleveur en pâturage bio commercial à grand rendement.

Tout ça pour finir avec cette question : est-ce que je pense continuer à faire l’élevage d’animaux destinés à mon assiette? Non. Dorénavant, j’achèterai ma viande, mais pas par incompétence ou par peur de faire face à la mort de l’animal que je vais manger. Je préfère acheter, car lorsque je regarde l’ensemble du portrait, faire moi-même l’élevage n’est pas la solution logique ou rentable.

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Qui est Pat?

Pat
Je suis amateur fermier, gourmet autodidacte, locavore avec un penchant pour l'absurde et depuis peu, Agrofou ! Mon défi : subvenir aux besoins alimentaires de ma petite famille tout en restant fidèle à mes principes. J'me lance !

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La chronologie de l’aventure de Patrick en un coup d’œil !  Bonne découverte !

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Patrick Thibeault vit le rêve de plusieurs qui désirent cultiver leurs propres aliments; il se lance dans une expérience d'autosuffisance alimentaire. Comme Patrick n'est pas agriculteur et n'a jamais pratiqué l'élevage, il a recours à des gens connaissant qui le guide dans ses essais et erreurs. La série documentaire Agrofolie le suit dans son aventure.
Agrofolie, c'est prendre la clé des champs et se mériter une liberté avec un dur labeur.

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